Plzeň

DSCN2275

Plzeň (Pilsen en français et en allemand) est une ville de République tchèque située à une heure de route de Prague, essentiellement connue pour sa bière et son club de football. J’y suis allée pour une journée avec mon amie Maxine, on a pris le bus pour 7,30€ l’aller-retour, autant dire qu’on ne s’est pas ruinées !

DSCN2273

C’est beaucoup moins grand que Prague, et on a vite fait le tour du centre-ville, mais c’est vraiment joli : le centre est piéton, et il y a des espaces verts avec des plans d’eau. Au centre de la place principale, l’imposante église gothique Saint-Bathélémy, au sommet de laquelle nous avons grimpé. Au total, 301 marches, et sans ascenseur, sinon c’est pas drôle. En haut du clocher, la vue sur la ville est magnifique.

DSCN2276

Sur la place de la République se trouve également l’ancien hôtel de ville qui date du milieu du XVIe siècle, du style renaissance italienne.

DSCN2279

On est aussi passées devant la Grande Synagogue, troisième du monde après celles de Jérusalem et Budapest. Malheureusement on était samedi, donc on n’a pas pu entrer.

DSCN2285

Après une course désespérée à la recherche d’un restaurant en terrasse, parce qu’il faisait quand même super beau pour le début du mois de mars, on a fini par se rabattre sur un restaurant tchèque qui servait dans une sorte de véranda. Le bistro en terrasse, ce n’est vraiment pas la spécialité du coin !

Bien calées après un bon Guláš  – qu’on voulait servi dans du pain, malheureusement on a oublié de préciser et on s’est retrouvées à la place avec des knedliky (quenelles de pain) – on s’est dirigées vers la brasserie de la bière Pilsner Urquell, attraction majeure de la ville. Au début on était un peu déçues, parce qu’on a commencé par visiter l’usine où la bière est mise en bouteilles, mais les lignes étaient arrêtées pour cause de nettoyage. Mais finalement on a apprécié la visite des caves et la dégustation de bière artisanale.

DSCN2305

Il paraît qu’on peut aussi visiter les souterrains de la ville, mais on n’a pas eu le temps de le faire car le bus du retour nous attendait !

Thierry Repentin à l’Université d’Economie de Prague : relancer la construction européenne

Aujourd’hui, le ministre délégué aux affaires européennes, Monsieur Thierry Repentin, a donné une conférence à l’Université d’Economie de Prague, qui n’est autre que mon université d’accueil. La conférence avait pour thème : « 2014, quel avenir pour l’UE après les élections européennes ? » Un discours intéressant, optimiste sans être utopique, de quoi sérieusement contrarier les eurosceptiques.

S’appuyant sur les récents évènements en Ukraine, le ministre introduit la conférence en nous rappelant que l’Union européenne, c’est la certitude de vivre dans une démocratie. Chose que l’on a pourtant tendance à oublier au sein de l’UE, mais à laquelle on aspire aux portes de l’Europe. Sur la question ukrainienne, il est intransigeant : l’UE doit dénoncer les choix de la Russie, jouer une médiation active, et enfin soutenir la transition vers l’Etat de droit, la réforme de l’économie et la lutte contre la corruption. Une Europe unie face à la question ukrainienne ? M. Repentin répond que oui. Il y a eu une phase durant laquelle il a fallu s’harmoniser sur la question, mais l’UE est désormais unanime : il faut condamner sans équivoque.

Redonner du sens à la construction européenne

Que nous apporte l’Europe ? Des subventions agricoles au moyen de la PAC, des logements sociaux, des fonds de développement pour les laboratoires de recherche et les universités, des infrastructures de transports (en France, en Allemagne !) On oublie trop souvent les effets bénéfiques de l’UE et on ne veut voir que ses points faibles.

Lors de l’adoption du budget pour la période de 2014 à 2020, la France a plaidé pour qu’il soit le plus important possible, ce qui n’est pas dans son intérêt direct mais essentiel pour la croissance et l’emploi, qui aujourd’hui ne se jouent plus à l’échelle nationale mais à l’échelle européenne. Le capital de la banque européenne d’investissement a également été augmenté de 10 milliards, ce qui lui permet d’accompagner les Etats, les collectivités territoriales, les PME etc.

Le ministre met également l’accent sur la solidarité, en particulier envers la jeunesse. Ainsi 6 milliards d’euros seront consacrés aux régions européennes dont le chômage atteint plus de 25% chez les jeunes. Le programme Erasmus a lui aussi été repensé, et sera désormais ouvert aux étudiants en alternance et aux apprentis.

Et après les élections du mois de mai ?

Penser l’Europe de demain. Pour cela, il faudra admettre que les envies d’Europe ne soient pas toutes les mêmes, mais que les divergences au sein des 28 ne doivent pas empêcher l’Europe d’avancer. Une Europe « à la carte » n’est pas concevable.

Porter de nouvelles initiatives : convergence économique et sociale, élargissement de la zone euro, et gouvernance renforcée. « La zone euro est un véritable levier politique. » Il faudra également donner une impulsion à la transition énergétique, si l’on veut être indépendants. Enfin, l’Europe doit assurer ses responsabilités en ce qui concerne une politique de défense et de sécurité commune.

Le château de Karlstein

DSCN2252

Une petite excursion sympa en dehors de Prague : le château de Karlstein. Il s’agit d’une forteresse construite en 1348 pour protéger les joyaux de la Couronne du roi Charles IV. Oui, à l’époque il fallait un château fort et une armée de soldat pour protéger une couronne à paillettes. Rien que ça !

Pour s’y rendre on a pris le train de banlieue S7 en gare de Praha-Smichov (il s’arrête aussi à la gare principale Hlavní nádraží), 40 minutes jusqu’à la gare de Karlstein, et ensuite il faut marcher une petite demi-heure pour grimper jusqu’au château. Très belle vue, et le château perché sur la montagne est vraiment imposant !

DSCN2259

Pour visiter l’intérieur du château, il faut obligatoirement prendre part à une visite guidée. L’été il y a trois circuits, mais l’hiver un seul est disponible… dommage parce qu’on aurait bien aimé tout explorer ! On a donc visité le hall des chevaliers, la chambre à coucher de Charles IV, la salle des audiences et la salle des Joyaux.

Nous faisons la visite avec une jeune guide qui connaît beaucoup de choses sur le sujet et nous donne quelques anecdotes. Par exemple, le Roi avait dans sa chambre une petite chapelle, avec sur le côté un porte qui donnait accès à la chambre de la Reine à l’étage… Eh oui, il passait beaucoup de temps à prier, du moins c’est ce qu’il laissait croire ! Notre guide nous a également montré les cabinets des gardes du château : une sorte d’avancée en bois à l’extérieur de la tour, au dessus du vide… Mieux valait ne pas passer en dessous !

Couronne du Saint-Empire romain germanique (source : Wikipedia)

La salle des Joyaux renferme les répliques de la couronne du Saint-Empire romain germanique, et de la couronne de Bohème. La vraie couronne du Saint-Empire se trouve à Vienne au château de Hofburg, tandis que la couronne de Bohème est conservée au château de Prague, dans une chambre de la cathédrale Saint-Guy tenue secrète et dont très peu de personnes possèdent les clés. Elle n’est présentée au public que de manière exceptionnelle, ce qui fut le cas pour la dernière fois à l’investiture du Président de la République Tchèque, Miloš Zeman, en mai 2013. Mais bien que les couronnes présentées à Karlstein ne soient que des répliques, elle valent chacune près de cent mille euros ! La couronne du Saint-Empire pèse environ 4 kilogrammes, autant vous dire que Charles IV ne la portait qu’à de très rares occasions : son couronnement, ses mariages (il a eu quatre femmes !) et à ses funérailles…

Couronne de Bohème (source : Wikipedia)

Le village de Karlstein est plein de boutiques de souvenirs, de restaurants et de glaciers. On a bien fait d’y aller en hiver, parce que l’été ça doit être envahi par les touristes. Le midi, dans un restaurant un peu typique, j’ai pris des noodles de pommes de terre avec du choux et du porc (non, la cuisine tchèque n’est PAS diététique) ; quand j’ai vu arriver mon assiette j’ai eu peur parce que ça avait l’air un peu dégueu : je m’attendais à ce que chaque ingrédient soit présenté séparément, alors qu’en fait ils avaient tout mélangé, une bonne bouillie avec des morceaux de porc, choux et pommes de terre… Mais en fait c’était super bon !

DSCN2269

La minute culture : Tycho Brahe, astronome

Tycho Brahe est un astronome Danois du XVIe siècle. Il aurait, entre autres, cherché à combiner le système géocentrique de Ptolémée avec le système héliocentrique de Copernic. Il pensait donc que toutes les planètes, exceptée la Terre, tournaient autour du soleil, lui-même supposé tourner autour de la Terre. Mais on va s’arrêter là pour l’astronomie.

Tycho_Brahe

En 1599, il s’installe à Prague où il travaille en tant que mathématicien à la cour de l’Empereur Rodolphe II. Il est d’ailleurs enterré dans l’église de Notre-Dame du Týn, dans la Vieille-Ville. Et c’est justement sa mort qui va nous intéresser. Oui, parfaitement. Le bonhomme serait décédé à la suite d’une septicémie, ou peut-être d’une lithiase urinaire (si Dr House avait été là, il aurait sans doute pu lever l’incertitude), à la suite d’un long repas à la cour impériale, parce qu’il s’était retenu trop longtemps d’uriner, ne pouvant pas se lever de table avant l’Empereur à cause des conventions sociales. D’où une petite boutade tchèque souvent employée lors d’une envie pressante : « Je n’ai pas envie de mourir comme Tycho Brahe ».

C’est pourquoi en République Tchèque les toilettes sont toujours gratuits… ou pas.

Le palais Veletržní, Galerie Nationale de Prague

Dans le top 10 de Prague du guide touristique Lonely Planet figure le palais Veletržní, qui abrite les collections modernes et contemporaines de la Galerie nationale de Prague. Contrairement aux autres sites culturels du centre ville, les touristes n’ont pas encore envahi ce musée : c’était pratiquement désert. Idéal pour profiter au calme de cette immense galerie de 13 500 mètres carrés, avec plus de 2000 oeuvres. J’y ai passé au moins trois heures et j’ai à peine eu le temps de tout voir. C’est pratiquement impossible, ça prendrait toute la journée !

Le palais Veletržní, un gros bâtiment en béton du début du XXe siècle, assez moche il faut avouer !

Le palais Veletržní, un gros bâtiment en béton du début du XXe siècle, assez moche il faut avouer !

Le billet coûte 180 CZK, soit 6€50, mais en tant qu’étudiante j’ai eu droit au tarif réduit, soit 90 CZK. A Amsterdam je n’avais pas été au Rijksmuseum ni au musée Van Gogh parce qu’à 15€ l’entrée ça plombait mon budget : au moins ici on ne se fait pas plumer !

La visite s’effectue de haut en bas : on prend l’ascenseur jusqu’au 5ème étage, et on redescend au fur et à mesure. Les couloirs sont déserts, silencieux, j’entends la semelle de ma chaussure droite qui couine quand je marche. Il y a des gardiens à chaque étage qui parcourent les couloirs, qui vous observent, c’est un peu stressant ! J’ai pas l’intention de piquer un tableau, hein…

Au 5e étage, une exposition temporaire d’un artiste Tchèque des années 50-60, Rudolf Volráb. C’est coloré, il y a beaucoup de séries et je suppose que ça fait écho au Pop Art américain. Je n’ai pas trouvé beaucoup d’informations sur cet artiste, mais la plupart de ses oeuvres demeurent sans nom, sans doute est-il décédé avant de se faire connaître.

DSCN2161

Je descends au 4e étage, où se trouvent les artistes tchèques d’avant 1930. Mis à part Alfons Mucha dont quelques oeuvres y sont exposées, je ne connais aucun des artistes. Des tableaux assez sombres, des scènes de genre mais aussi des paysages, un peu d’art abstrait… J’apprécie, mais je ne m’y connais pas assez pour en faire une analyse détaillée !

Au 3e étage, les cubistes tchèques, mais surtout la collection des artistes français, de Delacroix à Picasso, en passant par Cézanne, Van Gogh, Rodin et beaucoup d’autres. C’est vrai que j’étais surtout venue pour cette partie de la collection, et j’y ai passé un moment.

Picasso, autoportrait, 1907

Picasso, autoportrait, 1907

Au 2e étage, les artistes tchèques de 1930 à 1980. Avis aux amateurs d’art contemporain, cet étage y est dédié ! Mais je suis passée assez rapidement, la visite commençait à être longue. Un peu dommage, parce que ça aurait pu me plaire.

Enfin, au 1er, les peintres étrangers. J’ai pu y admirer des oeuvres de Klimt, Munch et Miro. Rien que ça !

DSCN2244

Joan Miro, Composition, 1933

Comment je me suis improvisée prof de maths

Trouver un job pour se faire un peu d’argent de poche, quand on ne parle pas tchèque et qu’on a la moitié de son emploi du temps occupé par les cours, ce n’est pas évident. Heureusement, j’avais lu avant de partir le rapport d’études d’un élève de Sciences Po qui conseillait de se rendre au Lycée Français de Prague, et de proposer des cours aux étudiants. Beaucoup sont des enfants d’expatriés francophones, qui travaillent dans des entreprise multinationales, ou dans les ambassades. Je me suis donc rendue au Lycée, qui en fait comprend des classes de la maternelle à la Terminale.

L'école d'Athènes, Raphaël, 1510 - Saurez-vous trouver Pythagore ? ;)

L’école d’Athènes, Raphaël, 1510 – Saurez-vous trouver Pythagore ? 😉

J’y ai déposé une annonce pour du soutien scolaire en maths, puisque c’est la seule matière que je me sentais vraiment capable d’expliquer jusqu’à la Terminale. Résultat, quelques semaines après, j’étais contactée par une maman dont la fille, élève de quatrième, avait des difficultés en maths. Revoir le théorème de Pythagore, les bissectrices et les simplifications de fractions… ça fait bizarre ! Parfois j’ai des doutes sur la méthode à utiliser pour les démonstrations, et je râle contre les énoncés de problèmes formulés comme la baigneuneuoire de Gad Elmaleh !

Entre temps, la maman de mon élève a parlé de moi à une de ses amies dont la fille, en Terminale ES, avait besoin d’aide pour réviser le bac. Avant le premier cours, je jette un oeil sur Internet aux tableaux de dérivées et aux formules d’intégration… Zut j’ai un peu tout oublié, j’ai peur de ne pas savoir résoudre les exercices, la honte… Mais en fait tout se passe bien, même si j’ai parfois quelques doutes sur la façon de rédiger les exercices. A la séance suivante, mon élève me confie que sa prof lui a demandé si elle avait fait son exercice toute seule… C’est bon, je peux passer le bac ES !

Choco Café

Attention les yeux – ou plutôt devrais-je dire, les estomacs – cet article est garanti riche en calories. J’avais déjà parlé de quelques cafés pragois, où en général je craque pour un chocolat chaud, dans cet article. Mais là, j’ai vraiment déniché le meilleur chocolat chaud que j’ai jamais goûté à ce jour. Rien que ça !

Posons le décor : petit café cosy dans une petite rue de la Vieille Ville, fauteuils en tissu, tables en bois, banquettes en osier. C’est calme. A côté de nous trois mamans avec chacune un nourrisson, quelques couples…

Sur la carte, des dizaines de chocolats chauds différents, avec des épices, des fruits, des cacaos du monde entier… Je choisis un chocolat avec de la banane et de la cannelle. Et là, ma tasse arrive, énorme, avec un nuage de chantilly… Il y a là une photo à faire ! (Oui, je fais partie des gens qui prennent leur bouffe en photo…)

Qualité médiocre, je n'avais que mon téléphone portable pour immortaliser l'instant !

Qualité médiocre, je n’avais que mon téléphone portable pour immortaliser l’instant !

Je plonge ma cuillère… (oui, j’aime faire durer le suspens !) C’est indescriptible tellement c’est exquis, savoureux, délicieux. Il y a là de quoi épuiser le dictionnaire des synonymes. D’abord, le chocolat : autant vous dire que ça n’a rien à voir avec de la poudre aromatisée diluée dans de l’eau chaude. Là dedans il doit y avoir une bonne tablette de chocolat pâtissier fondu, avec sans doute du lait et de la crème… Ajoutez à ça les bananes à la cannelle, plus la chantilly (probablement faite maison), ce n’est même plus un chocolat chaud, c’est un vrai dessert de chef !

Choco Café U Červené židle
Liliová 250/4