Derniers jours

Je quitte Prague demain ! J’ai profité de ce dernier weekend pour aller à l’exposition Tim Burton, et c’était vraiment super. J’adore son univers, et je n’ai pas été déçue. Beaucoup, beaucoup de dessins, et puis aussi des maquettes de personnages, des projections… Avec en fond des morceaux de Danny Elfman.

Je suis aussi retournée manger un goulash au Lokal, c’est un restaurant assez fréquenté par les tchèques, assez bruyant mais les plats sont bons.

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Et pour finir, direction le James Dean, bar-boîte ambiance un peu rétro, mais c’était bondé, on est vite ressortis, un peu dégoulinants !

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Ce midi je vais aller pique-niquer du côté de Vyšehrad. Bon dimanche et bonne fête à toutes les mamans 🙂

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Bientôt la fin…

« Le temps passe trop vite… » Une des phrases que j’ai sans doute le plus entendues ces dernières semaines. Cela fait un moment que je n’ai rien écrit ici, en partie parce que je suis un peu débordée, entre les exams, trouver un nouveau colocataire pour me remplacer, chercher un contrat d’apprentissage pour la rentrée… Rien de très inspirant pour la rédaction d’un article !

Je quitte Prague dans moins de deux semaines ! L’autre jour, j’ai retrouvé un post-it du mois de janvier, sur lequel j’avais fais une liste intitulée « à faire avant de partir ». Parmi les choses que j’ai pu rayer de la liste, il y a : aller à Cracovie, voir un concert au Lucerna, boire un chocolat chaud au Choco Cafe… Mais il y a un paquet de trucs que je n’ai pas fait ! Par exemple : voir un match de hockey (le sport national), voir un ballet au théâtre national… Tant pis, il faudra que je revienne ! 🙂

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Rando dans le Paradis de Bohème

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Je me suis laissée convaincre par mon amie Maxine d’aller faire une randonnée à pied, au Nord-Est de Prague dans un coin qui s’appelle le « Paradis de Bohème ». Pas du tout équipée pour l’occasion, je suis partie avec des tennis de ville et un vieux legging, ajoutez à cela le gros pull en laine rouge et blanc et vous avez là un ensemble ultra glamour et sexy !

Nous sommes partis à cinq : un danois, une autrichienne, un allemand, et Max et moi, les deux françaises. Lever à 6h30, départ en bus à 8h depuis le terminus du métro B, et c’est parti pour 1h30 de bus jusqu’à Jičín, notre ville de départ (et d’arrivée puisqu’on fait une boucle).

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On a mis un peu de temps à trouver le départ de la rando, on s’est fait indiquer le chemin par un promeneur, heureusement qu’on avait une carte ! Ensuite, il suffit de suivre les repères jaunes et blancs… et c’est parti pour 20km !

Le paysage est joli, mais rien d’extraordinaire. Il y avait plusieurs parcours possibles dans le Paradis de Bohème, et on n’a pas dû choisir le meilleur… Mais c’est sympa quand même. On pique-nique au bord d’un étang, le temps d’apercevoir un castor qui prend son bain avec un cygne.

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Après plusieurs kilomètres dans la forêt, avec certaines portions qui grimpent un peu, on finit par redescendre, et après avoir encore traversé quelques villages, on arrive enfin à notre point de départ, Jičín, pour une petite bière bien méritée !

Plzeň

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Plzeň (Pilsen en français et en allemand) est une ville de République tchèque située à une heure de route de Prague, essentiellement connue pour sa bière et son club de football. J’y suis allée pour une journée avec mon amie Maxine, on a pris le bus pour 7,30€ l’aller-retour, autant dire qu’on ne s’est pas ruinées !

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C’est beaucoup moins grand que Prague, et on a vite fait le tour du centre-ville, mais c’est vraiment joli : le centre est piéton, et il y a des espaces verts avec des plans d’eau. Au centre de la place principale, l’imposante église gothique Saint-Bathélémy, au sommet de laquelle nous avons grimpé. Au total, 301 marches, et sans ascenseur, sinon c’est pas drôle. En haut du clocher, la vue sur la ville est magnifique.

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Sur la place de la République se trouve également l’ancien hôtel de ville qui date du milieu du XVIe siècle, du style renaissance italienne.

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On est aussi passées devant la Grande Synagogue, troisième du monde après celles de Jérusalem et Budapest. Malheureusement on était samedi, donc on n’a pas pu entrer.

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Après une course désespérée à la recherche d’un restaurant en terrasse, parce qu’il faisait quand même super beau pour le début du mois de mars, on a fini par se rabattre sur un restaurant tchèque qui servait dans une sorte de véranda. Le bistro en terrasse, ce n’est vraiment pas la spécialité du coin !

Bien calées après un bon Guláš  – qu’on voulait servi dans du pain, malheureusement on a oublié de préciser et on s’est retrouvées à la place avec des knedliky (quenelles de pain) – on s’est dirigées vers la brasserie de la bière Pilsner Urquell, attraction majeure de la ville. Au début on était un peu déçues, parce qu’on a commencé par visiter l’usine où la bière est mise en bouteilles, mais les lignes étaient arrêtées pour cause de nettoyage. Mais finalement on a apprécié la visite des caves et la dégustation de bière artisanale.

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Il paraît qu’on peut aussi visiter les souterrains de la ville, mais on n’a pas eu le temps de le faire car le bus du retour nous attendait !

Thierry Repentin à l’Université d’Economie de Prague : relancer la construction européenne

Aujourd’hui, le ministre délégué aux affaires européennes, Monsieur Thierry Repentin, a donné une conférence à l’Université d’Economie de Prague, qui n’est autre que mon université d’accueil. La conférence avait pour thème : « 2014, quel avenir pour l’UE après les élections européennes ? » Un discours intéressant, optimiste sans être utopique, de quoi sérieusement contrarier les eurosceptiques.

S’appuyant sur les récents évènements en Ukraine, le ministre introduit la conférence en nous rappelant que l’Union européenne, c’est la certitude de vivre dans une démocratie. Chose que l’on a pourtant tendance à oublier au sein de l’UE, mais à laquelle on aspire aux portes de l’Europe. Sur la question ukrainienne, il est intransigeant : l’UE doit dénoncer les choix de la Russie, jouer une médiation active, et enfin soutenir la transition vers l’Etat de droit, la réforme de l’économie et la lutte contre la corruption. Une Europe unie face à la question ukrainienne ? M. Repentin répond que oui. Il y a eu une phase durant laquelle il a fallu s’harmoniser sur la question, mais l’UE est désormais unanime : il faut condamner sans équivoque.

Redonner du sens à la construction européenne

Que nous apporte l’Europe ? Des subventions agricoles au moyen de la PAC, des logements sociaux, des fonds de développement pour les laboratoires de recherche et les universités, des infrastructures de transports (en France, en Allemagne !) On oublie trop souvent les effets bénéfiques de l’UE et on ne veut voir que ses points faibles.

Lors de l’adoption du budget pour la période de 2014 à 2020, la France a plaidé pour qu’il soit le plus important possible, ce qui n’est pas dans son intérêt direct mais essentiel pour la croissance et l’emploi, qui aujourd’hui ne se jouent plus à l’échelle nationale mais à l’échelle européenne. Le capital de la banque européenne d’investissement a également été augmenté de 10 milliards, ce qui lui permet d’accompagner les Etats, les collectivités territoriales, les PME etc.

Le ministre met également l’accent sur la solidarité, en particulier envers la jeunesse. Ainsi 6 milliards d’euros seront consacrés aux régions européennes dont le chômage atteint plus de 25% chez les jeunes. Le programme Erasmus a lui aussi été repensé, et sera désormais ouvert aux étudiants en alternance et aux apprentis.

Et après les élections du mois de mai ?

Penser l’Europe de demain. Pour cela, il faudra admettre que les envies d’Europe ne soient pas toutes les mêmes, mais que les divergences au sein des 28 ne doivent pas empêcher l’Europe d’avancer. Une Europe « à la carte » n’est pas concevable.

Porter de nouvelles initiatives : convergence économique et sociale, élargissement de la zone euro, et gouvernance renforcée. « La zone euro est un véritable levier politique. » Il faudra également donner une impulsion à la transition énergétique, si l’on veut être indépendants. Enfin, l’Europe doit assurer ses responsabilités en ce qui concerne une politique de défense et de sécurité commune.

Le château de Karlstein

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Une petite excursion sympa en dehors de Prague : le château de Karlstein. Il s’agit d’une forteresse construite en 1348 pour protéger les joyaux de la Couronne du roi Charles IV. Oui, à l’époque il fallait un château fort et une armée de soldat pour protéger une couronne à paillettes. Rien que ça !

Pour s’y rendre on a pris le train de banlieue S7 en gare de Praha-Smichov (il s’arrête aussi à la gare principale Hlavní nádraží), 40 minutes jusqu’à la gare de Karlstein, et ensuite il faut marcher une petite demi-heure pour grimper jusqu’au château. Très belle vue, et le château perché sur la montagne est vraiment imposant !

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Pour visiter l’intérieur du château, il faut obligatoirement prendre part à une visite guidée. L’été il y a trois circuits, mais l’hiver un seul est disponible… dommage parce qu’on aurait bien aimé tout explorer ! On a donc visité le hall des chevaliers, la chambre à coucher de Charles IV, la salle des audiences et la salle des Joyaux.

Nous faisons la visite avec une jeune guide qui connaît beaucoup de choses sur le sujet et nous donne quelques anecdotes. Par exemple, le Roi avait dans sa chambre une petite chapelle, avec sur le côté un porte qui donnait accès à la chambre de la Reine à l’étage… Eh oui, il passait beaucoup de temps à prier, du moins c’est ce qu’il laissait croire ! Notre guide nous a également montré les cabinets des gardes du château : une sorte d’avancée en bois à l’extérieur de la tour, au dessus du vide… Mieux valait ne pas passer en dessous !

Couronne du Saint-Empire romain germanique (source : Wikipedia)

La salle des Joyaux renferme les répliques de la couronne du Saint-Empire romain germanique, et de la couronne de Bohème. La vraie couronne du Saint-Empire se trouve à Vienne au château de Hofburg, tandis que la couronne de Bohème est conservée au château de Prague, dans une chambre de la cathédrale Saint-Guy tenue secrète et dont très peu de personnes possèdent les clés. Elle n’est présentée au public que de manière exceptionnelle, ce qui fut le cas pour la dernière fois à l’investiture du Président de la République Tchèque, Miloš Zeman, en mai 2013. Mais bien que les couronnes présentées à Karlstein ne soient que des répliques, elle valent chacune près de cent mille euros ! La couronne du Saint-Empire pèse environ 4 kilogrammes, autant vous dire que Charles IV ne la portait qu’à de très rares occasions : son couronnement, ses mariages (il a eu quatre femmes !) et à ses funérailles…

Couronne de Bohème (source : Wikipedia)

Le village de Karlstein est plein de boutiques de souvenirs, de restaurants et de glaciers. On a bien fait d’y aller en hiver, parce que l’été ça doit être envahi par les touristes. Le midi, dans un restaurant un peu typique, j’ai pris des noodles de pommes de terre avec du choux et du porc (non, la cuisine tchèque n’est PAS diététique) ; quand j’ai vu arriver mon assiette j’ai eu peur parce que ça avait l’air un peu dégueu : je m’attendais à ce que chaque ingrédient soit présenté séparément, alors qu’en fait ils avaient tout mélangé, une bonne bouillie avec des morceaux de porc, choux et pommes de terre… Mais en fait c’était super bon !

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La minute culture : Tycho Brahe, astronome

Tycho Brahe est un astronome Danois du XVIe siècle. Il aurait, entre autres, cherché à combiner le système géocentrique de Ptolémée avec le système héliocentrique de Copernic. Il pensait donc que toutes les planètes, exceptée la Terre, tournaient autour du soleil, lui-même supposé tourner autour de la Terre. Mais on va s’arrêter là pour l’astronomie.

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En 1599, il s’installe à Prague où il travaille en tant que mathématicien à la cour de l’Empereur Rodolphe II. Il est d’ailleurs enterré dans l’église de Notre-Dame du Týn, dans la Vieille-Ville. Et c’est justement sa mort qui va nous intéresser. Oui, parfaitement. Le bonhomme serait décédé à la suite d’une septicémie, ou peut-être d’une lithiase urinaire (si Dr House avait été là, il aurait sans doute pu lever l’incertitude), à la suite d’un long repas à la cour impériale, parce qu’il s’était retenu trop longtemps d’uriner, ne pouvant pas se lever de table avant l’Empereur à cause des conventions sociales. D’où une petite boutade tchèque souvent employée lors d’une envie pressante : « Je n’ai pas envie de mourir comme Tycho Brahe ».

C’est pourquoi en République Tchèque les toilettes sont toujours gratuits… ou pas.