Être femme artiste en Nouvelle-Zélande au vingtième siècle : Louise Henderson

Louise Henderson portrait

Portrait de Louise Henderson, 1986 – Adrienne Martyn (1950-.) – photographie – Christchurch Art Gallery

Louise Henderson naît en 1902, en France, à Boulogne. Son père était secrétaire particulier d’Auguste Rodin : enfant, il l’emmenait dans l’atelier du sculpteur où elle s’amusait avec les morceaux de marbre. Elle étudie la littérature à Paris, et passe son bac. Elle intègre ensuite l’École de la broderie et dentelle de la ville de Paris. Une fois diplômée, elle commence à dessiner des modèles et à écrire des articles sur la broderie pour plusieurs magazines, dont Madame.

À Paris, elle rencontre Hubert Henderson, un néo-zélandais qui vient de terminer ses études à l’université de Cambridge. Il rentre en Nouvelle-Zélande, mais écrit à Louise et lui demande de l’épouser. Elle accepte, cependant ses parents ne veulent pas laisser leur fille, toujours célibataire, faire le voyage vers la Nouvelle-Zélande toute seule. Pour leur donner satisfaction, elle va donc se marier par procuration à l’ambassade britannique de Paris. Ses parents sont rassurés, elle devient une femme mariée, elle peut donc voyager seule ! Louise et Hubert se marient religieusement à Christchurch, Canterbury le 30 avril 1925.

Son arrivée en Nouvelle-Zélande va bouleverser sa vie : alors que ses parents ne l’auraient pas permis, (être femme artiste, à l’époque, n’aurait pas été convenable) elle pouvait désormais envisager une carrière artistique. Elle commence à peindre des paysages, et donne des cours de peinture et de broderie au Canterbury College School of Art.

Plains and Hills Louise Henderson

Plains and Hills, 1936 – Louise Henderson – huile sur toile – Christchurch Art Gallery

En 1935, elle expose pour la première fois avec The Group, un collectif d’artistes dont fait partie Rita Angus, artiste célèbre en Nouvelle-Zélande. Louise et Rita voyagent souvent toutes les deux dans la voiture de Louise à travers la région du Canterbury pour peindre des paysages, et dorment à la belle étoile. Louise est heureuse d’avoir une amie artiste avec qui échanger.

« Les gens n’appréciaient pas les femmes artistes en Nouvelle-Zélande non plus. J’en avais l’habitude. Ce n’était pas nouveau pour moi car ma propre mère ne l’avait jamais approuvé. » (Christchurch Art Gallery)

Elle déménage à Wellington, en 1941 où elle continue à enseigner, puis à Auckland en 1950, où elle décide de se consacrer pleinement à la peinture, dans l’atelier qu’Hubert lui a construit à l’arrière de leur maison. Louise rencontre l’artiste John Weeks qui va beaucoup influencer son style : elle va s’éloigner du style plat, décoratif et naturaliste de l’Ecole du Canterbury pour se rapprocher de la peinture moderne européenne. Elle abandonne l’aquarelle pour la gouache et la peinture à l’huile, qui donnent plus de texture et de complexité à ses œuvres. Elle se détourne des paysages et de la nature pour peindre la ville, des scènes de la vie courante et de l’abstrait.

Still Life with Arum lilies

Still life with arum lilies, 1950 – Louise Henderson -huile sur toile – Te Papa, Wellington

En 1952, elle part pour Londres dans le but d’étudier la peinture européenne. Elle flâne dans les musées et les galeries, prend des cours de dessin, et participe à des conférences à l’Institute of Contemporary Art. Cependant, elle réalise combien l’Angleterre a été appauvrie et dévastée par la guerre : elle finit par quitter Londres pour Paris, qui rayonne encore comme capitale culturelle et artistique dans les années 1950, où elle commence à prendre des cours de dessin dans l’atelier du cubiste Jean Metzinger (1883-1956).

En 1953, elle rentre en Nouvelle-Zélande, où elle expose à Auckland et à Wellington des œuvres largement influencées par son voyage en Europe. Le tableau Les deux amies est exposé au Te Papa museum, à Wellington, à côté du croquis préparatoire, sur lequel Louise avait originalement prévu de dessiner les deux femmes nues. Elle décida finalement de les peindre habillées, afin de ne pas rendre son tableau encore plus déroutant pour le public d’Auckland, encore conservateur.

Les deux amies

Les deux amies, 1953 – Louise Henderson – huile sur toile – Te Papa, Wellington

Louise et Hubert émigrent un moment au Moyen-Orient, notamment à Beyrouth, où Hubert travaille pour l’UNESCO.

Baghdad

Baghdad, 1953 – Louise Henderson – fusain et pastel sur papier – Auckland Art Gallery

En 1963, Hubert meurt. Louise repousse ses pinceaux, elle veut abandonnée définitivement la peinture. Finalement, elle se lance dans une série de toiles expressionnistes abstraites grand format, qu’elle exposera à Bruxelles, à Londres et à l’ambassade de Nouvelle-Zélande à Paris. Elle se lance également dans la production de tapisseries. Elle reçoit de nombreux prix et décorations artistiques.

En 1986, elle se remarie, avec Georg Thomas Locke, de 27 ans son cadet. Elle meurt en 1994, à l’âge de 92 ans, après avoir été faite Dame Commander de l’empire britannique.

Liens :
Louise Henderson, artiste néo-zélandaise du XXe siècle
Louise Henderson sur le site de l’Auckland City Gallery
Louise Henderson sur le site du Te Papa de Wellington
Louise Henderson sur le site de la Christchurch City Gallery

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