Cracovie – Road Trip

J’avais prévu d’aller à Cracovie pendant mon année Erasmus, mais avec les transports en commun c’est un peu compliqué et assez long, alors quand une amie Suisse m’a proposé un road-trip en minibus, j’ai tout de suite sauté sur l’occasion ! Nous étions neufs étudiants originaires de neufs pays différents : ambiance auberge espagnole.

Michelle, d’origine suisse, avait apporté des CD dans le genre « hits de l’année 2002 », grosse ambiance dans le van ! Après six heures de route, je me suis promis de me mettre à l’avant pour faire le DJ lors du prochain trajet…

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Arrivés à l’auberge de jeunesse, nous avons trouvé une bouteille de vodka à moitié entamée dans les toilettes d’une des chambres, signe que l’on était bien arrivés en Pologne. Après une courte nuit de sommeil et un petit déjeuner à base de légumes, fromage et jambon – expérience intéressante, heureusement ils avaient aussi du pain et un genre de beurre-margarine – nous avons marché jusqu’au centre ville. Bon sauf que notre auberge était situé un peu en dehors du centre ville, résultat : on a mis pratiquement une heure pour arriver. Petite mise en jambes !

Le centre ville est vraiment beau, avec un parc tout le long des anciennes fortifications de la ville et qui fait pratiquement le tour du centre. Nous avons commencé par visiter la cathédrale du Wawel, située dans l’enceinte du château. Il y avait des photos de Jean-Paul II partout et même une sculpture !… Ensuite on a flâné un peu dans le quartier juif, très différent de celui de Prague car beaucoup plus typique et intimiste. Et pas un seul touriste à l’horizon. Par contre il y a des guides touristiques un peu partout qui essayent de nous vendre une visite guidée, ça commence à m’énerver un peu d’être toujours prise pour un pigeon mais c’est comme ça.

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Restaurants dans le quartier juif

On déjeune en terrasse au soleil, il fait 23 degrés, c’est génial. Eh oui, c’est possible de prendre un coup de soleil au mois de mars, à la fin de la journée j’étais bien rouge. Pour ma part j’ai commandé une zapiekanka : une demi-baguette avec des oignons, champignons et du fromage grillé, le tout recouvert de ketchup et de mayonnaise. C’est excellent, mais impossible à manger proprement, à déconseiller fortement en cas de rencard !

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Zapiekanka, frites et bière polonaise !

L’étape suivante, c’est l’usine de Schindler, industriel allemand qui pendant la guerre a sauvé des juifs de la déportation en les faisant travailler pour lui. Le musée est vraiment très bien fait, avec beaucoup de reconstitutions, on pourrait y passer la journée. Ensuite on a marché vers la place du marché, qui est la place principale de Cracovie. ça me fait un peu penser à la place Kléber à Strasbourg. Il y a une magnifique basilique en briques rouge, la basilique Sainte-Marie, encore plus belle à l’intérieur avec son plafond bleu et ses décorations rouge et or. L’église est divisée en deux partie : une pour les visiteurs, qui doivent payer l’entrée, et une pour les gens qui viennent là pour prier. C’est assez surprenant.

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Basilique Sainte-Marie

Sur la place il y a également un immense marché couvert, la « Halle aux draps », mais les stands proposent seulement des babioles pour les touristes, je n’ai rien trouvé de très intéressant. Il y a également plusieurs petits marchés dans le centre ville, des boulangeries-pâtisseries un peu partout, on a envie de tout acheter.

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A l’intérieur de la Halle aux draps

Le samedi nous avons visité les mines de sel de Wieliczka. Après avoir visité les mines d’argent de Kutná Hora, je m’attendais à trouver des tunnels étroits et humides, mais pas du tout. Des galeries immenses, avec beaucoup de sculptures et de bas-reliefs, il y a même une chapelle dans laquelle a lieu la messe et où sont célébrés des mariages, une salle de réceptions, un restaurant. On a aussi pu tester les WC, qui n’ont rien d’extraordinaire mis à part le fait d’être situés cent mètres sous terre…

Le dimanche, sur la route du retour nous nous somme arrêtés à Auschwitz. Il faisait tout gris et à la fin il s’est même mis à pleuvoir, comme si la visite d’un camps de concentration n’était pas assez sinistre. Je ne sais vraiment pas quoi penser de cette visite. Ce qui est sûr c’est que je n’y mettrai pas les pieds une deuxième fois, mais dans un sens c’est quand même quelque chose à voir quand on en a l’occasion. Je n’ai pas appris grand chose de ce que je savais déjà sur l’holocauste parce que c’est un thème assez récurrent dans les programmes d’histoire, dans les films et la littérature, mais le fait de voir en vrai les vestiges du crime nazi est assez poignant.

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Plzeň

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Plzeň (Pilsen en français et en allemand) est une ville de République tchèque située à une heure de route de Prague, essentiellement connue pour sa bière et son club de football. J’y suis allée pour une journée avec mon amie Maxine, on a pris le bus pour 7,30€ l’aller-retour, autant dire qu’on ne s’est pas ruinées !

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C’est beaucoup moins grand que Prague, et on a vite fait le tour du centre-ville, mais c’est vraiment joli : le centre est piéton, et il y a des espaces verts avec des plans d’eau. Au centre de la place principale, l’imposante église gothique Saint-Bathélémy, au sommet de laquelle nous avons grimpé. Au total, 301 marches, et sans ascenseur, sinon c’est pas drôle. En haut du clocher, la vue sur la ville est magnifique.

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Sur la place de la République se trouve également l’ancien hôtel de ville qui date du milieu du XVIe siècle, du style renaissance italienne.

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On est aussi passées devant la Grande Synagogue, troisième du monde après celles de Jérusalem et Budapest. Malheureusement on était samedi, donc on n’a pas pu entrer.

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Après une course désespérée à la recherche d’un restaurant en terrasse, parce qu’il faisait quand même super beau pour le début du mois de mars, on a fini par se rabattre sur un restaurant tchèque qui servait dans une sorte de véranda. Le bistro en terrasse, ce n’est vraiment pas la spécialité du coin !

Bien calées après un bon Guláš  – qu’on voulait servi dans du pain, malheureusement on a oublié de préciser et on s’est retrouvées à la place avec des knedliky (quenelles de pain) – on s’est dirigées vers la brasserie de la bière Pilsner Urquell, attraction majeure de la ville. Au début on était un peu déçues, parce qu’on a commencé par visiter l’usine où la bière est mise en bouteilles, mais les lignes étaient arrêtées pour cause de nettoyage. Mais finalement on a apprécié la visite des caves et la dégustation de bière artisanale.

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Il paraît qu’on peut aussi visiter les souterrains de la ville, mais on n’a pas eu le temps de le faire car le bus du retour nous attendait !

Thierry Repentin à l’Université d’Economie de Prague : relancer la construction européenne

Aujourd’hui, le ministre délégué aux affaires européennes, Monsieur Thierry Repentin, a donné une conférence à l’Université d’Economie de Prague, qui n’est autre que mon université d’accueil. La conférence avait pour thème : « 2014, quel avenir pour l’UE après les élections européennes ? » Un discours intéressant, optimiste sans être utopique, de quoi sérieusement contrarier les eurosceptiques.

S’appuyant sur les récents évènements en Ukraine, le ministre introduit la conférence en nous rappelant que l’Union européenne, c’est la certitude de vivre dans une démocratie. Chose que l’on a pourtant tendance à oublier au sein de l’UE, mais à laquelle on aspire aux portes de l’Europe. Sur la question ukrainienne, il est intransigeant : l’UE doit dénoncer les choix de la Russie, jouer une médiation active, et enfin soutenir la transition vers l’Etat de droit, la réforme de l’économie et la lutte contre la corruption. Une Europe unie face à la question ukrainienne ? M. Repentin répond que oui. Il y a eu une phase durant laquelle il a fallu s’harmoniser sur la question, mais l’UE est désormais unanime : il faut condamner sans équivoque.

Redonner du sens à la construction européenne

Que nous apporte l’Europe ? Des subventions agricoles au moyen de la PAC, des logements sociaux, des fonds de développement pour les laboratoires de recherche et les universités, des infrastructures de transports (en France, en Allemagne !) On oublie trop souvent les effets bénéfiques de l’UE et on ne veut voir que ses points faibles.

Lors de l’adoption du budget pour la période de 2014 à 2020, la France a plaidé pour qu’il soit le plus important possible, ce qui n’est pas dans son intérêt direct mais essentiel pour la croissance et l’emploi, qui aujourd’hui ne se jouent plus à l’échelle nationale mais à l’échelle européenne. Le capital de la banque européenne d’investissement a également été augmenté de 10 milliards, ce qui lui permet d’accompagner les Etats, les collectivités territoriales, les PME etc.

Le ministre met également l’accent sur la solidarité, en particulier envers la jeunesse. Ainsi 6 milliards d’euros seront consacrés aux régions européennes dont le chômage atteint plus de 25% chez les jeunes. Le programme Erasmus a lui aussi été repensé, et sera désormais ouvert aux étudiants en alternance et aux apprentis.

Et après les élections du mois de mai ?

Penser l’Europe de demain. Pour cela, il faudra admettre que les envies d’Europe ne soient pas toutes les mêmes, mais que les divergences au sein des 28 ne doivent pas empêcher l’Europe d’avancer. Une Europe « à la carte » n’est pas concevable.

Porter de nouvelles initiatives : convergence économique et sociale, élargissement de la zone euro, et gouvernance renforcée. « La zone euro est un véritable levier politique. » Il faudra également donner une impulsion à la transition énergétique, si l’on veut être indépendants. Enfin, l’Europe doit assurer ses responsabilités en ce qui concerne une politique de défense et de sécurité commune.

Le château de Karlstein

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Une petite excursion sympa en dehors de Prague : le château de Karlstein. Il s’agit d’une forteresse construite en 1348 pour protéger les joyaux de la Couronne du roi Charles IV. Oui, à l’époque il fallait un château fort et une armée de soldat pour protéger une couronne à paillettes. Rien que ça !

Pour s’y rendre on a pris le train de banlieue S7 en gare de Praha-Smichov (il s’arrête aussi à la gare principale Hlavní nádraží), 40 minutes jusqu’à la gare de Karlstein, et ensuite il faut marcher une petite demi-heure pour grimper jusqu’au château. Très belle vue, et le château perché sur la montagne est vraiment imposant !

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Pour visiter l’intérieur du château, il faut obligatoirement prendre part à une visite guidée. L’été il y a trois circuits, mais l’hiver un seul est disponible… dommage parce qu’on aurait bien aimé tout explorer ! On a donc visité le hall des chevaliers, la chambre à coucher de Charles IV, la salle des audiences et la salle des Joyaux.

Nous faisons la visite avec une jeune guide qui connaît beaucoup de choses sur le sujet et nous donne quelques anecdotes. Par exemple, le Roi avait dans sa chambre une petite chapelle, avec sur le côté un porte qui donnait accès à la chambre de la Reine à l’étage… Eh oui, il passait beaucoup de temps à prier, du moins c’est ce qu’il laissait croire ! Notre guide nous a également montré les cabinets des gardes du château : une sorte d’avancée en bois à l’extérieur de la tour, au dessus du vide… Mieux valait ne pas passer en dessous !

Couronne du Saint-Empire romain germanique (source : Wikipedia)

La salle des Joyaux renferme les répliques de la couronne du Saint-Empire romain germanique, et de la couronne de Bohème. La vraie couronne du Saint-Empire se trouve à Vienne au château de Hofburg, tandis que la couronne de Bohème est conservée au château de Prague, dans une chambre de la cathédrale Saint-Guy tenue secrète et dont très peu de personnes possèdent les clés. Elle n’est présentée au public que de manière exceptionnelle, ce qui fut le cas pour la dernière fois à l’investiture du Président de la République Tchèque, Miloš Zeman, en mai 2013. Mais bien que les couronnes présentées à Karlstein ne soient que des répliques, elle valent chacune près de cent mille euros ! La couronne du Saint-Empire pèse environ 4 kilogrammes, autant vous dire que Charles IV ne la portait qu’à de très rares occasions : son couronnement, ses mariages (il a eu quatre femmes !) et à ses funérailles…

Couronne de Bohème (source : Wikipedia)

Le village de Karlstein est plein de boutiques de souvenirs, de restaurants et de glaciers. On a bien fait d’y aller en hiver, parce que l’été ça doit être envahi par les touristes. Le midi, dans un restaurant un peu typique, j’ai pris des noodles de pommes de terre avec du choux et du porc (non, la cuisine tchèque n’est PAS diététique) ; quand j’ai vu arriver mon assiette j’ai eu peur parce que ça avait l’air un peu dégueu : je m’attendais à ce que chaque ingrédient soit présenté séparément, alors qu’en fait ils avaient tout mélangé, une bonne bouillie avec des morceaux de porc, choux et pommes de terre… Mais en fait c’était super bon !

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